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Souffles et non souffle 

Souffle de vie : un chemin de respiration du premier au dernier. 

Des périodes fastes de respirations larges et gaies, de longues périodes  de souffles rétrécis, renfermés, inversés, coincés. Des années de respirations inconscientes, subies, où c’est l’action, le sentiment qui modifie la respiration : tristesse, rire, colère, effort physique, angoisse, jouissance, sommeil… Et enfin le yoga : travail conscient sur le souffle.

Malgré la joie d’avoir trouvé un espace riche où continuer ma pratique du yoga, je suis en début de formation dans une  panique totale avec des bouleversements profonds à tous les niveaux en même temps : profession, lieu de vie, chacun des membres de ma famille, tout se délite, rien ne va plus. Et moi à la limite de la rupture : je veux tenir, oui j’aime la Vie et je ferai tout mon possible pour l’Amour, le souffle suprême. Objectif : Lumière, Force, Beauté, Sagesse, Amour. Et donc commencer par le fondamental : travailler le souffle. Car il s’agit bien d’un travail pour apprivoiser cette énergie affolée, paniquée, qui ne trouve plus sa sérénité. Doucement, tranquillement mais avec ténacité et persévérance, chaque jour prendre conscience de ma respiration et chaque jour faire les exercices proposés.

Parce que ce chemin du souffle n’est pas un chemin solitaire. Seule je n’aurais pas pu le prendre. Besoin du balisage des expérimentés, de ceux qui ont déjà avancé dans cette direction ardue. Nécessité sur cette voie initiatique de faire confiance à la parole, à l’expérience, aux propositions des maîtres. Dans une relation non pas d’élève servile, d’inférieur qui se remettrait corps et âme à une autorité, mais dans une relation de confiance réciproque. Je suis débutante, je comprends, je sens que, professeur,  tu as avancé sur ce chemin qu’au plus profond j’ai envie de prendre. J’accepte et reconnais la main que tu me tends et avance, respiration après respiration. Et c’est intérieurement que le combat est ardu, le souffle est ténu, aucune  maîtrise, accepter d’en prendre conscience et de continuer. Puis petit à petit, d’une seconde à quelques secondes, de quelques secondes à quelques minutes, le souffle accepte de se poser. Dans une position plutôt que dans une autre. Le soir plutôt que le matin. Aujourd’hui d’une façon et demain d’une autre.

 

Des différents souffles : kapalabati, bhastrika, samavritti, nadishudana, brahmari, rétentions en tous genres,… je ne parlerai pas, les textes anciens en disent beaucoup mieux et plus que je ne pourrai le faire. Pratique, respire, expérimente ces souffles de plus en plus consciemment, c’est la seule façon aussi de comprendre ces textes pour moi souvent difficiles d’accès.

 

De l’importance des asanas, des postures pour aider à fluidifier ce souffle « cheval impétueux » qu’il s’agit d’apprivoiser, de guider, de canaliser vers une dimension de spiritualité lumineuse, basée sur un corps souple et sain, une énergie d’Amour quel que soit le monde extérieur et ses vicissitudes. Dans l’arbre, la pince, la charrue ou le cobra, chacune des façons de respirer est vécue différemment et donc chacun des souffles intervient différemment. C’est grâce aux souffles que le corps se dénoue, que le mental s’apaise, que les énergies circulent mieux. Parfois c’est aussi une façon de calmer mes pensées ou d’éviter mes blocages que de changer de position tout en continuant la respiration. Savoir ruser parfois avec mes refus intérieurs est utile et permet de dépasser certains paliers. Parfois au contraire il est bon de voir en face le problème : mieux vaut, par exemple, accepter de souffrir plutôt que de manger pour anesthésier cette souffrance.

 

Je reconnais que les épreuves, les difficultés m’ont plus obligé à mettre le pied à l’étrier du yoga que les moments de plaisir ou de bonheur. Il est vrai aussi que lorsque je pratique bien reposée les blocages sont moins nombreux et la pratique plus fluide. Ce moment difficile de ma vie, qui s’apaise quelque peu maintenant,  m’a ouvert les portes du yoga, portes entrevues à 20 ans et que je n’avais pas ouvertes. Merci. Accepter aussi que ce travail de souffle, ce nettoyage simple par moment  (un coup de plumeau et tout est propre !), nécessite aussi des nettoyages approfondis, particulièrement éprouvants. De l’importance de vivre des moments de détente, plaisir, tendresse, fraternité qui aident à continuer à rendre lumineuses des cellules sombres depuis bien longtemps. De l’importance de nos rencontres mensuelles pour régénérer la motivation et soutenir le travail solitaire, individuel. Jamais je n’ai été aussi mauvaise élève, refusant, évitant, trouvant tous les stratagèmes possibles pour ne pas vivre le vide, les rétentions, les durées, les positions. Beaucoup de blocages, peurs à dépasser. Sans doute après ces moments ardus de respirations difficiles, aurais-je apprécié des moments de relaxation guidée, des aides stratégiques de pensée positive, car les écueils furent rudes et je dus chercher ailleurs des paroles-présences guérisseuses de l’âme et du corps.

Le travail sur le souffle d’air oblige à un travail intérieur profond, à une réorganisation interne fondamentale, mon plexus solaire, mes épaules et ma nuque en savent quelque chose ! Jamais je n’avais eu conscience d’être angoissée à ce point qu’un jour sur mon tapis de yoga. Des larmes, des douleurs anciennes, que je pensais avoir déjà nettoyées et que j’ai du retrouver et dois toujours repositionner, remettre à leur juste place. Des terreurs inconnues à surmonter. Désapprendre en profondeur des fonctionnements très anciens. La souplesse du souffle (et oui ça existe aussi !) et un brin d’humour m’ont aidé et me permettent toujours de mieux gérer les sentiments, les pensées, la distance-présence aux autres, à apprendre à exister par et pour moi-même et ainsi à être un peu plus ouverte au monde. Quel bonheur quotidien que de me retrouver seule sur mon tapis, centrée, concentrée, disponible, à entrer ainsi dans un espace d’énergie à la fois dynamique et apaisée ! Espace régénérant et structurant, vivifiant. Le travail n’est jamais fini, il est encore des raideurs à assouplir. Le souffle conscient est un espace de liberté quotidienne qui petit à petit me devient indispensable. Car le souffle dont je parle ici, s’il est au début un souffle d’air  qu’il s’agit d’élargir devient à certains moments un souffle d’énergie, de non-souffle, de prana, qui peut être très ténu même s’il circule dans tout le corps. Etat de conscience différent du connu.

Et un jour, quand le souffle le permettra, sera suffisamment puissant et conscient, faire à mon tour passer cette formation reçue. Etre un maillon de la chaîne, que le savoir acquis soit transmis et circule. Partager le souffle reçu!

 

Souffle et souffles
Souffle – terre, eau, feu, air, éther, lumière
Souffle – mala, mantra
Souffle – chakra, granthi
Souffle – nadis, sushumna
Souffle – plein, vide
Souffle – couleurs, sons
Souffle – vibrations, énergie
Souffle – intervalle, passage
Souffle –lumière, espace
Souffle – méditation, silence
Souffle et non souffle

 Le 17 novembre 2008
Corinne Leforestier


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